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SUJETS D'ACTUALITE | ARTICLE – 5 Min

Cette semaine sur les marchés – Le retour de l’espoir d'un atterrissage en douceur

By ANDREW CRAIG 16.11.2023

Dans cet article

    Les statistiques macroéconomiques américaines de cette semaine ont nourri les espoirs d’un atterrissage en douceur de l’économie. Plus important encore, l’inflation aux États-Unis a diminué davantage que prévu. Les marchés obligataires ont accueilli la nouvelle par un rebond. Les attentes selon lesquelles le cycle de resserrement de la politique monétaire est désormais terminé se sont renforcées. Les responsables politiques restent sur leurs gardes : le virus de l’inflation n’a peut-être pas dit son dernier mot.

    Le rapport sur l’inflation aux États-Unis renforce l’hypothèse d’un atterrissage en douceur

    En octobre, l’inflation mesurée par les variations de l’indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis a ralenti plus que prévu, à 3,2 % en glissement annuel (après 3,7 % en septembre), marquant sa première baisse en quatre mois.

    Les marchés ont réagi avec euphorie, avec une forte baisse des rendements des bons du Trésor américain et une hausse des cours des actions. Le rendement du T-note américain à 10 ans est tombé à son plus bas niveau depuis trois mois, à 4,43 %, avant de retracer en partie cette détente. Le S&P 500 a grimpé de 1,9%, soit sa plus forte hausse sur une journée depuis avril.

    Plus important encore, le rapport a fait état d’un ralentissement significatif de la hausse des loyers à 0,41 % en glissement mensuel. Cela a effectivement contrebalancé une hausse de 0,56 % en septembre. Par conséquent, la tendance à la baisse du coût du logement est toujours de mise, renforçant les espoirs du marché d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine.

    La baisse des loyers des nouveaux baux indiquait depuis un certain temps que la hausse des loyers, la composante la plus influente de l’IPC, allait retrouver des niveaux moins élevés. Le ralentissement (de la hausse) observé en octobre est à lui seul responsable de 5 points de base (pb) de baisse de l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie), expliquant l’essentiel de l’évolution de l’inflation sous-jacente entre septembre et octobre.

    La force de la réaction du marché est peut-être due à une inflation sous-jacente légèrement plus faible que prévu, qui est passée de 4,1 % à 4 % sur un an et a augmenté de 0,2 % sur un mois.

    En extrapolant à partir de ces données – et en l’absence d’un événement exceptionnel dans les statistiques de novembre (publiées juste avant la prochaine réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine les 11 et 12 décembre) qui aurait entrainé l’IPC à la hausse – le FOMC (Federal Open Market Committee) devra probablement réviser à la baisse par rapport à celles publiées en septembre, ses prévisions d’inflation (mesurées par le déflateur des dépenses de consommation privée) à fin 2023.

    Il faudrait une hausse substantielle de l’inflation sous-jacente au cours des deux derniers mois de l’année pour atteindre les prévisions actuelles, c’est pourquoi une révision à la baisse semble désormais très probable. Il s’agirait de la deuxième révision à la baisse consécutive de la part du FOMC après une série de révisions à la hausse de ses prévisions d’inflation.

    Le rapport sur l’inflation, dont les résultats sont meilleurs que prévu, a été publié après celui de la zone euro pour octobre indiquant que l’inflation est tombée à 2,9 % en octobre en glissement annuel, contre 4,3 % en septembre, reflétant également la baisse des prix de l’énergie cette année.

    Cette baisse de l’inflation devrait alimenter les spéculations selon lesquelles les banques centrales, notamment la Fed, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre, auraient fini de relever leurs taux. La Fed a décidé plus tôt en novembre de maintenir son taux d’intérêt de référence stable à son plus haut niveau depuis 22 ans.

    Suite à ce dernier rapport, les marchés à terme considéraient qu’il n’y avait aucune chance pour que le FOMC relève les taux lors de la réunion de politique monétaire de décembre. Les investisseurs ont également avancé la date à laquelle ils prévoient que la Fed commencera à réduire ses taux, les marchés anticipant désormais deux réductions de 0,25% d’ici juillet.

    Les banquiers centraux restent prudents

    Néanmoins, les banquiers centraux restent prudents.

    Le président de la Fed, Jay Powell, a souligné la semaine dernière que lui et ses collègues ne seraient pas « induits en erreur par quelques mois de statistiques favorables » et que la Fed pourrait encore resserrer davantage sa politique monétaire si nécessaire.

    Thomas Barkin, président de la Fed de Richmond, a fait écho à ce message cette semaine, avertissant que l’inflation pourrait ne pas être sur une « trajectoire de descente en douceur jusqu’à 2 % » malgré les récents « progrès substantiels ».

    La consommation américaine reste dynamique…

    Les ventes au détail aux États-Unis ont diminué moins que prévu en octobre, ce qui témoigne de la relative résilience de la consommation américaine.

    Le chiffre global a été meilleur que prévu, en baisse de seulement 0,1% (contre 0,3 % attendu par le consensus). Cette baisse s’explique en partie par celle des dépenses en carburants en raison de la baisse des prix de ceux-ci.

    Il s’agit de la première baisse mensuelle depuis mars, alors même que l’augmentation de septembre a été révisée à la hausse à 0,9 %.

    Encore une fois, ces chiffres confortent dans une certaine mesure les attentes d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine.

    …mais le marché du travail se rééquilibre

    Aux États-Unis, les inscriptions au chômage ont augmenté de 13 000 pour atteindre 231 000 (contre 220 000 attendus par le consensus), les demandes de prolongement (des droits au chômage) étant également en augmentation, ce qui indique une décélération du marché du travail.

    Il est important de garder un œil sur les demandes de prolongement (des droits au chômage) eu égard à la croissance modérée de l’offre d’emplois principalement due au ralentissement des nouvelles embauches.

    La hausse de cette semaine survient après une hausse de 32 000 la semaine dernière. Les effets de la désaisonnalisation entrainent une augmentation des chiffres plus prononcée que ne le laissent apparaître les données sous-jacentes. Bien que cette hausse soit à attribuer aux méthodes de calcul du ministère du Travail américain, les principaux résultats viennent confirmer la détérioration de la disponibilité de l’emploi dans les enquêtes auprès des consommateurs.

    La baisse des prix du pétrole est de bon augure pour l’inflation

    Les prix du pétrole ont encore chuté cette semaine, atteignant leur plus bas niveau depuis la mi-juillet, alors que l’augmentation des stocks aux États-Unis a atténué les inquiétudes concernant l’offre.

    Malgré les tensions géopolitiques actuelles, les prix du pétrole ont été sous pression pendant la majeure partie de 2023, même s’ils ont augmenté après l’été lorsque l’Arabie saoudite et la Russie se sont coordonnées pour décider une baisse de la production de l’OPEP+.

    Le prix du baril de Brent, la référence internationale, a chuté cette semaine de 4,1 % à 77,84 dollars après que l’Energy Information Administration des États-Unis a annoncé que les stocks de brut du pays avaient augmenté de 3,6 millions de barils la semaine dernière pour atteindre un total de 421,9 millions, bien au-dessus des prévisions du marché.

    Pendant ce temps, à Karlsruhe, en Allemagne

    Le 15 novembre, alors que le Parlement allemand s’apprêtait à approuver enfin un budget difficilement négocié, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a ordonné l’annulation de 60 milliards d’euros de financements destinés aux énergies propres et à des projets industriels.

    La décision concerne presque exclusivement les projets défendus par les Verts, un partenaire de la coalition au pouvoir du chancelier Scholz, dont beaucoup ont été financés « hors bilan ».

    Le gouvernement allemand évalue actuellement toutes les implications de la décision de justice sur le « frein à l’endettement ». Il semble qu’il devra réaliser des économies nettes de 24 milliards d’euros sur le budget 2024, dont la majeure partie proviendra de la réduction des subventions aux grands secteurs industriels. Cette décision pourrait potentiellement contraindre l’Allemagne à un resserrement budgétaire procyclique au moment même où l’économie est orientée à la baisse.

    Avertissement

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