BNP AM

L'investisseur durable d'un monde qui change

Rechercher par

Filter by

Asset class

Economics

Geography

Investing

PODCASTS
EQUITIES
Currencies
SUJETS D'ACTUALITE | – 4 Min

Cette semaine sur les marchés – L’été de tous les dangers ?

Nathalie BENATIA
By NATHALIE BENATIA 07.07.2022

Dans cet article

    Après un premier semestre où les performances ont été désastreuses sur les actions et les obligations, les investisseurs ne semblent pas encore s’accorder sur un scénario stable pour les prochains mois. D’un côté, les Banques centrales ont déclaré la guerre à une inflation qui s’est révélée plus élevée et plus persistante qu’initialement attendu. De l’autre, la publication d’indicateurs économiques traduisant un essoufflement de la dynamique de croissance a alimenté les anticipations d’une récession mondiale.  

    Un semestre à oublier

    Est-il bien nécessaire de revenir sur les performances des marchés financiers depuis le début de l’année ? Quelques chiffres : au premier semestre, le marché des titres du Trésor américain a perdu près de 10 % et les obligations gouvernementales de la zone euro plus de 12 %. Tous les segments du marché du crédit ont enregistré des performances totales largement négatives. Pour les actions, l’indice MSCI AC World (en dollars) affiche un recul de 20,9 % au 30 juin, dont la chronique nous apprend qu’il s’agit de la plus forte baisse semestrielle sur les 34 ans d’historique de cet indice. La hausse de 0,3 % enregistrée par ce même indice depuis le début du mois (au 6 juillet) paraît bien timide. De plus, tout au long du semestre, la volatilité est restée élevée sur les actions et encore davantage sur les obligations gouvernementales, les investisseurs ayant du mal à imaginer les conséquences du comportement de la Réserve fédérale américaine.

    En un mois, les investisseurs sont passés d’un scénario dans lequel les banques centrales n’auraient pas besoin de remonter autant que prévu les taux directeurs parce que l’inflation allait refluer à une hypothèse beaucoup moins favorable pour les actifs risqués (moins de croissance, plus d’inflation).

    Un double mandat ? Quel double mandat ?

    Au fil des semaines, le Président de la Fed est apparu beaucoup moins confiant quant aux perspectives économiques, reconnaissant devant le Congrès qu’il serait « très difficile » de réussir l’atterrissage en douceur.

    De fait, la dégradation des enquêtes d’activité, des dépenses de consommation décevantes et le recul de la confiance des consommateurs ont conduit l’estimation en temps réel de la croissance du PIB publiée par la Fed d’Atlanta (GDPNow) en territoire négatif au 2e trimestre (-2,1 % en rythme annualisé sur la base des données disponibles au 1er juillet). Les concepteurs de cet indicateur précisent qu’il ne constitue pas une prévision. Toutefois, si ce chiffre était confirmé à l’occasion de la première estimation du PIB du 2e trimestre (prévue le 28 juillet), l’économie américaine se trouverait en situation de récession ‘technique’ après la contraction de 1,6 % enregistrée au 1er trimestre. 

    Dans ce contexte, les attentes de hausse des taux de la Fed contenues dans les marchés à terme ont eu tendance à refluer face aux craintes de récession. Pourtant, le compte rendu de la réunion de politique monétaire du 14 juin, qui s’était conclue par une hausse de 75 pb du taux objectif des fonds fédéraux, a révélé que le FOMC (Federal open market committee) restait très préoccupé par l’inflation. Les ‘Minutes’ publiées le 6 juillet ont fait état de l’inquiétude de nombreux membres sur la possibilité que l’inflation s’enracine alors que « les pressions inflationnistes n’ont pas encore montré de signes d’infléchissement ». Le message de la Fed est de plus en plus clair : la politique monétaire doit devenir restrictive pour refroidir l’économie.

    Ce n’est donc pas sur une récession technique (définie comme deux trimestres consécutifs de contraction du PIB) qu’il faut s’interroger mais sur la possibilité que la Fed accepte, voire recherche, une période de faiblesse de l’activité économique entraînant une hausse du chômage pour faire ralentir l’inflation en pesant sur la demande intérieure.

    En majorité, les membres du FOMC estiment que les risques sur la croissance sont orientés à la baisse du fait de l’environnement extérieur (guerre en Ukraine, situation sanitaire en Chine) mais mentionnent aussi le risque qu’un resserrement supplémentaire des conditions financières ait un impact négatif sur l’activité plus important que prévu.

    Soyons juste en reconnaissant que les Minutes ont mentionné le double mandat (emploi maximum et stabilité des prix) mais le ton général laisse l’impression que la lutte contre l’inflation (qui passe aussi par la communication auprès du grand public selon la Fed) est largement prioritaire.

    Quelles conséquences sur les marchés ?

    La combinaison d’une inflation élevée et d’une croissance limitée, voire d’une récession, a constitué, par le passé, une situation défavorable pour bon nombre de classes d’actifs, ce qui explique la nervosité des investisseurs avant l’été.

    Toutefois, depuis le début de l’année, c’est essentiellement la remontée des rendements obligataires, nominaux et réels, qui a pesé sur les valorisations actions via le facteur d’actualisation des flux de trésorerie des entreprises. A contrario, les perspectives bénéficiaires restent encore élevées si l’on considère que les actions devraient intégrer un scénario de récession à ce stade.

    Alors que les indicateurs avancés de l’activité se sont déjà retournés, les résultats anticipés sont parvenus à résister mais pourraient commencer à donner des signes de faiblesse, en particulier dans la zone euro, ce qui pénaliserait davantage les actions. La saison des résultats qui commence dans quelques jours pourrait bien s’avérer cruciale.

    Un sursaut des marchés actions apparaît possible à court terme compte tenu des configurations techniques mais il resterait erratique et pourrait fournir des opportunités de réduire, sur des niveaux plus favorables, l’exposition de nos portefeuilles aux actions comme nous l’avons régulièrement fait depuis février.

    Sur les marchés obligataires, les niveaux atteints par les écarts de crédit peuvent offrir des opportunités (en particulier sur le segment Investment Grade dans la zone euro) dans la mesure où les taux de défaut implicites paraissent trop élevés.

    Avertissement

    Veuillez noter que les articles peuvent contenir des termes techniques. Pour cette raison, ils peuvent ne pas convenir aux lecteurs qui n'ont pas d'expérience professionnelle en matière d'investissement. Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.

    Related posts

    Cette semaine sur les marchés – Noël en Novembre
    WEEKLY
    MARKET UPDATE 17.11.2022
    SUJETS D'ACTUALITE | Blog - 5 Min

    Cette semaine sur les marchés – Noël en Novembre

    Depuis la publication le 10 novembre des prix à la consommation aux Etats-Unis, les rendements obligataires ont continué à se...

    NATHALIE BENATIA
    | 17.11.2022
    Cette semaine sur les marchés – Le rythme du ralentissement
    WEEKLY
    MARKET UPDATE 10.11.2022
    SUJETS D'ACTUALITE | Blog - 3 Min

    Cette semaine sur les marchés – Le rythme du ralentissement

    Les banques centrales relèvent leurs taux directeurs pour réduire la demande globale et la remettre en phase avec la capacité...

    DANIEL MORRIS
    | 10.11.2022

    Les faits marquants de Viewpoint chaque semaine

    Abonnez-vous a notre newsletter hebdomadaire pour recevoir nos dernières publications.

    Please enter a valid email
    Veuillez cocher les cases ci-dessous pour vous abonner

    Suivez-nous

    Recevez nos dernières actualités en temps réel