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DURABILITé | ARTICLE – 6 Min

L’hydrogène vert - Vous ne le sentez peut être pas, mais il arrive

By ULRIK FUGMANN 12.05.2023

Dans cet article

    Il est à la fois vert et incolore ; vaporeux sans être insipide; fluide, mais puissant. L’hydrogène vert est tout cela à la fois et il est de plus en plus considéré comme un élément positif étant donné les promesses qu’il offre en tant qu’alternative aux combustibles fossiles. Les pays, les régions et les villes s’associent vu qu’ils cherchent à faire avancer la transition vers l’abandon des sources d’énergie « sale » que sont le pétrole, le gaz, le charbon et d’autres sources d’énergie.   

    Quelques actualités récentes :  

    • L’administration publique du Schleswig-Holstein et la ville de Hambourg ont décidé de soutenir l’économie de l’hydrogène.
    • L’Arabie saoudite a approuvé un protocole d’accord avec la Chine dans le domaine de l’hydrogène propre.
    • Le ministère allemand des affaires numériques et des transports apportera une aide d’environ 16,6 millions d’euros à des entreprises de bus sarroises pour des conversions de moteurs propres et un projet de recherche sur l’hydrogène.
    • En implémentant des technologies de production et de stockage d’hydrogène dans certains États membres, l’Europe sera en mesure de promouvoir son intérêt commun pour l’hydrogène. [1]
    • L’hydrogène vert a reçu un coup de pouce aux États-Unis avec la construction d’une usine de 4 milliards de dollars qui sera la plus grande installation alimentée par l’éolien et le solaire aux États-Unis. [2]

    L’hydrogène vert comme clé de la transition énergétique

    L’hydrogène vert (H2) devrait jouer un rôle important dans la transition énergétique : il peut rendre durable le transport long courrier, de même que les processus à forte intensité carbone tels que la fabrication d’acier, la production d’ammoniac et le pétrole de désulfuration. Il permettra aux pays de réduire leur dépendance vis-à-vis du gaz naturel et de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il pourrait représenter 10 à 30 % [3] de l’approvisionnement énergétique mondial.

    Actuellement, la majeure partie de la production d’hydrogène est « grise », produite à partir de gaz fossiles ou de charbon par reformage du méthane à la vapeur (SMR). « L’hydrogène bleu » est produit de la même manière que l’hydrogène gris, mais le CO2 est capturé pendant le processus de fabrication et stocké définitivement sous terre. En revanche, « l’hydrogène vert » est produit grâce à l’électrolyse de l’eau avec 100 % ou presque d’énergie renouvelable et à un niveau d’émissions de gaz à effet de serre proche de zéro.

    Au cours des deux dernières années, l’hydrogène vert a connu une croissance spectaculaire grâce à un soutien public fort, notamment aux États-Unis avec la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) et en Europe par le biais du plan RePowerEU (voir ci-dessous). Des pays comme l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Portugal ont engagé des milliards d’euros dans le développement de l’hydrogène vert.

    Soutien réglementaire – Les États-Unis par rapport à l’Europe

    Selon Bloomberg NEF, les gouvernements du monde entier se sont engagés à investir 126 milliards de dollars dans le développement de l’hydrogène à l’échelle mondiale, avec les États-Unis et l’Europe en tête. L’Inde et la Chine ont publié des stratégies spécifiques à l’hydrogène, mais leurs engagements restent modestes. Plus de 30 pays ont désormais des stratégies officielles pour l’hydrogène et de nouvelles annonces sont attendues en 2023.

    À court terme, nous pensons que la loi américaine sur la réduction de l’inflation offre plus de visibilité que RePowerEU. L’IRA offre des crédits d’impôt pour des projets dont les émissions de dioxyde de carbone sont suffisamment faibles. Le projet de loi américain de 2021 sur les infrastructures prévoit 10 milliards de dollars de financement lié à l’hydrogène, y compris pour les pôles régionaux, pour un programme de réduction des coûts et des initiatives visant à soutenir la fabrication d’équipements nationaux et les chaînes d’approvisionnement nationales. Cela s’est traduit par une forte croissance des investissements dans l’hydrogène aux États-Unis en 2022.

    L’Europe a commencé ses aides plus tôt, mais elle est confrontée à des retards pour certains projets. La région cherche à doubler la quantité d’hydrogène vert disponible pour la consommation d’ici 2030. L’objectif est de compléter les 10 millions de tonnes de production domestique de l’objectif de la stratégie 2020 par un montant équivalent d’importations. Elle prévoit de lancer une Banque européenne de l’hydrogène de 3 milliards d’euros pour soutenir le développement du H2. Les principaux moteurs de la croissance future en Europe sont les prix élevés du carbone dans le système d’échange SEQE de l’UE, le soutien réglementaire attendu, l’expansion de l’échelle et les prix élevés des combustibles fossiles.

    À plus long terme, l’Europe devrait être un marché clé pour l’hydrogène vert, car elle représente 50 % du portefeuille vert cumulé de H2 d’ici 2030. [4]

    Le vert est la voie à suivre

    L’hydrogène vert devance clairement les autres formes en termes de développement de projets : il représente 67 % de la capacité propose [5], tandis que les 33 % restants sont de l’hydrogène bleu.

    L’hydrogène vert peut déjà être compétitif par rapport à l’hydrogène bleu aux prix actuels du gaz européen. Alors que le coût de l’hydrogène vert a encore de la marge de manœuvre pour baisser, le H2 bleu pâtit des prix élevés du gaz et ne résout pas le problème de la dépendance aux combustibles fossiles. Il consomme deux fois plus d’eau que la variété verte et émet deux fois plus de carbone dans le processus de production.

    Les investissements dans l’hydrogène vert ont plus que triplé en 2022 pour atteindre 1,2 milliard de dollars. [6] Le H2 vert est le secteur de la transition énergétique qui connaît la croissance la plus rapide, mais il reste le plus petit. Selon l’IRENA, certaines estimations tablent sur 88 milliards de dollars d’investissements dans les électrolyseurs pour répondre aux besoins futurs.

    Un dilemme de l’œuf et de la poule

    Le potentiel d’utilisation de l’hydrogène vert semble considérable. Par exemple, les producteurs d’acier européens ont des plans ambitieux. Dans le domaine de l’ammoniac, du raffinage du pétrole et de la production de méthanol, l’adoption d’une utilisation verte du H2 devrait entraîner des réductions substantielles des émissions de gaz à effet de serre. Dans le transport long courrier, le H2 vert représente une approche plus crédible de la décarbonation que l’électrification compte tenu de la taille et du coût des batteries.

    Malgré la forte croissance des investissements, du développement des capacités et des pipelines de projets, 2022 a connu des retards, des reports et une révision des ambitions, notamment en Europe. Cette situation s’explique en partie par l’incertitude réglementaire en Europe, principalement autour de la définition de l’hydrogène vert et les annonces concrètes sur les subventions, mais aussi par les problèmes liés à l’expansion de la capacité de production des électrolyseurs [7] qui a été plus rapide que la demande. Des engagements plus importants du côté de la demande sont nécessaires pour que de nouvelles capacités puissent être ajoutées.

    Opportunités d’investissement

    Nous pensons que la tendance émergente de l’hydrogène vert offre des opportunités aux investisseurs. Il s’agit notamment d’investissements indiciels, mais aussi d’investissements en actions ciblés dans les technologies des électrolyseurs, la production de H2 vert, le stockage, l’alimentation, le transport et d’autres applications.

    Les investisseurs peuvent envisager la dette d’infrastructure pour financer des projets liés à l’hydrogène vert impliquant des transports lourds (camions, locomotives non électriques, ferries), la production d’acier vert, la distribution (amélioration des pipelines existants) et le stockage combiné du H2 et des énergies renouvelables (pour gérer l’intermittence des énergies renouvelables).

    En ce qui concerne le financement du développement de l’hydrogène vert, nous pensons que le soutien d’institutions supranationales telles que la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement pourrait aider à réduire les risques pour les prêteurs commerciaux et rassurer les investisseurs.

    Références

    [1] Source for this report and the previous three reports: Green Hydrogen News (energynews.biz)
    [2] Source: Green Hydrogen Gets a Boost in the U.S. With $4 Billion Plant – WSJ
    [3] BNEF 2020 Strong Policy/Theoretical Max
    [4] Bloomberg New Energy Finance
    [5] JPMorgan- Global Alternative Energy: Into the 4Q Print and FY23 Outlook; Improving Supply Chains, Energy Security and Policy Provide Catalysts
    [6]Bloomberg New Energy Finance
    [7] Electrolysis is a way to produce hydrogen from renewable and nuclear resources. It uses electricity to split water into hydrogen and oxygen in an electrolyser. Source: https://www.energy.gov/eere/fuelcells/hydrogen-production-electrolysis#:~:text=Electrolysis%20is%20a%20promising%20option,a%20unit%20called%20an%20electrolyzer

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